mercredi 16 mai 2012

Contre les coups dans l'éducation, selon Anselme de Cantorbéry, XIe siècle



Un abbé causait avec saint Anselme des enfants confiés à ses soins :

« Ils sont, lui disait-il, méchants et incorrigibles. Jour et nuit nous ne cessons de les frapper, et ils empirent toujours. »

Anselme répondit : « Eh quoi ! vous ne cessez de les frapper! Et quand ils sont grands, que deviennent-ils ? Idiots et stupides ; Voilà une belle éducation qui d'hommes fait des bêtes !... Si tu plantais un arbre dans ton jardin, et si tu l'enfermais de toutes parts, de sorte qu'il ne puisse étendre ses rameaux, quand tu le débarrasserais au bout de plusieurs années, que trouverais-tu ? Un arbre dont les branches seraient courbées et tordues, et ne serait-ce pas ta faute, pour l'avoir ainsi resserré immodérément ? » 

Référence.

Eadmer, Vie de Saint Anselme. Cité par Gabriel Compayré, Histoire critique des doctrines de l'éducation en France, depuis le seizième siècle, tome 1, 2e édition, Hachette, Paris, 1880, p. 57-58 

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