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mercredi 16 novembre 2022

S. Jean XXIII aux prêtres : grandeur et beauté du Sacerdoce, conseils et rappels des devoirs, 26 mai 1962

 

 

Le Pape Saint Jean XXIII

(...) Ces derniers jours, entre autres choses, vous avez discuté de la famille, de la paroisse et de ceux qui offrent leur concours à l’Œuvre diocésaine de culture des vocations ecclésiastiques. À tous ceux-ci incombe ce devoir propre et très important qui consiste à montrer publiquement par l’exemple de leur vie et par les égards et l’amour pour les ministres de Dieu, à quel point il faut estimer la dignité des prêtres, et avec quelle très saint respect il faut honorer les charges qui leur sont confiées. Si cela se fait, vos travaux et vos entreprises aboutiront très certainement aux résultats souhaités. En effet, la grandeur et la beauté du sacerdoce attirent si fortement les âmes des jeunes gens, qu'il ne fait aucun doute que, si, dans leurs enceintes domestiques, ils voient que l’on rend l’honneur dû aux ministres sacrés, ils obéiront volontairement et noblement à l'invitation céleste .

En outre, l’autre chose que nous avons, par Notre prière, demandée au Seigneur, c’est qu’Il envoie dans son Église des ouvriers sacrés, pleins de sagesse et d’activité.

À ce sujet, il est utile de dire ouvertement quel est notre sentiment.

Un homme ecclésiastique doit être tellement conforme à la sainteté de vie et de mœurs propre à son ordre, qu’il doit briller par l’exemple, aussi bien dans la chasteté que dans la piété, la pauvreté, le zèle docile et le goût des choses célestes. Ces vertus, si, d'une certaine manière parfaite et convenable à la fois, elles embellissent toutes ensemble l'âme des prêtres, ont alors assurément de quoi attirer les jeunes gens pour qu’ils embrassent le sacerdoce ; et ces mêmes vertus font que l'esprit atteint cette égalité et cette constance que ni les détours de l’âge, ni les conditions changeantes de la vie ne peuvent enlever.

C’est pourquoi les prêtres prendront garde à ce que que le souffle de cette époque corrompue ne portent atteinte en aucune façon à leur mœurs irréprochables. Ils veilleront également sur ces impulsions de l’esprit, légères, mais moins conformes au bien, qu'ils pensent à tort être sans danger critique ou sans faute. En effet, les mauvaises herbes de ce genre, que l'on néglige de déraciner à point nommé, seront, au cours du temps, une cause affligeante de préjudice spirituel.

Enfin, les prêtres prendront des précautions pour ne pas se livrer tout entiers à l'agitation du ministère sacré et aux œuvres extérieures. Un goût aussi inconsidéré de l'action, quand il amène peu à peu à la pauvreté de l’esprit, ne peut se justifier ni du bien de la paroisse ni du soin à donner à l’intérêt multiple du diocèse. Et cela ne peut se faire qu’au grave préjudice des candidats au sacerdoce. En effet, comment les jeunes gens pèseront, avec une juste appréciation la grandeur de l’office sacerdotal, si, posant leur regard sur les prêtres, ils ne peuvent, dès lors, dégager la forme d'un exemple parfait à imiter ? Afin de faire ressortir cette forme parfaite des mœurs, les prêtres se rappelleront bien que les parties principales de leur charge sont les suivantes : offrir dignement le Sacrifice de l'autel, annoncer la parole de Dieu, administrer les Sacrements, être présents pour les malades, surtout pour ceux qui vont mourir, instruire les ignorants de la foi ; le reste, qui n'appartient pas à ces devoirs, doit être ajourné ou tout au plus supporté. (...)

 

  Référence

 S. Jean XXIII, Allocution aux participants au Ier Congrès international des vocations ecclésiastiques,  26 mai 1962. Disponible en ligne, en latin, sur <https://www.vatican.va/content/john-xxiii/la/speeches/1962/documents/hf_j-xxiii_spe_19620526_congresso-vocazioni.html>.

La traduction est le fait de l'auteur de ce blogue.

S. Jean XXIII : conseils aux Évêques pour que leur charge porte du fruit, 15 avril 1962

 

 

Le Pape Saint Jean XXIII

 

(...) 12. Quelles que soient le cours des temps et des choses, la charge des Évêques ne pourra jamais porter dabondants fruits si ceux qu'on appelle à juste titre Grands-prêtres des sacrements ne prennent pas soin d’arroser leurs travaux d’une prière fréquente telle une douce rosée. Et en premier lieu, il est besoin qu’ils puisent l'abondance de la grâce divine au sacrosaint Sacrifice de l'autel, par lequel le prix du sang versé par le Christ est appliqué aux âmes des hommes. De ces travaux, de ce même Sacrifice, par lequel chaque prêtre entre comme dans une étreinte avec le Christ, l'Évêque ne peut manquer de trouver le pieux soulagement, surtout s'il agit dans les sacrements avec un esprit très religieux, si, par l’esprit, il s’y prépare saintement, et, en outre, s’il paye au Dieu immortel et très bon ses dettes de reconnaissance. En effet, si par une piété pour le très auguste Sacrement de l’Eucharistie, reconnue comme sûre et caractéristique, des fidèles chrétiens pieux et approuvés se distinguent entre tous, comment les Évêques ne s’approcheraient-ils pas de ce Sacrement même avec une piété très ardente pour puiser en lui, comme de la source principale, la grâce, la consolation, la force et la sérénité ? Comment ne préfèrent-ils pas avidement se réfugier et s’arrêter auprès du sanctuaire de l’auguste Sacrement, enflammés du désir de repos, au milieu des soins et des travaux croissants de leur office ?

13. Outre le divin Sacrifice, l'Évêque peut puiser des incitations à la piété, soit dans les prières des Heures, au sujet desquelles nous avons écrit à tous les prêtres dans l'Exhortation Sacrae laudis, soit dans les offices religieux énumérés au canon 125 du Code de Droit Canonique [Les Ordinaire du lieu veilleront à ce que : 1° tous les clercs lavent fréquemment les souillures de leur conscience par le sacrement de pénitence ; 2° s'adonnent quotidiennement à l'oraison mentale pendant quelque temps, visitent le très saint Sacrement, honorent la Vierge Mère de Dieu avec le rosaire marial et examinent leur conscience.], qui, sans aucun doute, nourrissent et allument l'amour de Dieu dans les âmes.

Souvent, Vénérable Frère, tu rappelleras à ton clergé des règles de ce genre, pleines de sagesse, où se révèle la sollicitude de l'Église, qui désire fortement que ceux qui administrent les sacrements soient saint et rendent les autres saints ; et ta propre expérience t’a appris que l'usage de ces exhortations au clergé t’ont souvent doucement poussé à un contrôle plus attentif de toi-même.

14. Les prêtres et les fidèles chrétiens, confiés à tes soins pastoraux, constatent avec une grande consolation de l’âme que leur Pasteur lutte de toutes ses forces pour atteindre la sainteté, afin de donner l'exemple aux autres ; en effet, font partie de sa charge le fait de tenir le rôle de ses brebis à l'autel de Dieu et, au nom du troupeau, de présenter à Dieu des prières et des dons en agréable odeur. Un Évêque qui est saint conduira sans aucun doute à la sainteté les prêtres à lui confiés ; et, par ailleurs, les saintes mœurs de ces derniers ne manquent pas de rejaillir en progrès religieux de tout le diocèse. Mais si les fruits salutaires ne peuvent être perçus immédiatement, selon cette phrase du Seigneur Christ : « L'un sème, l'autre moissonne » (Jn 4, 37), néanmoins, grande sera la joie préparée dans le ciel pour ceux qui, sur la terre, ont semé dans les larmes. (...)

Référence

S. Jean XXIII, Lettre Omnes sane, à chacun des Évêques à l’approche du Concile oeucuménique Vatican II, 15 avril 1962. Disponible en ligne, en latin, sur <https://www.vatican.va/content/john-xxiii/la/letters/1962/documents/hf_j-xxiii_let_19620415_omnes-sane.html>.

La traduction est le fait de l'auteur de ce blogue.