mercredi 12 octobre 2011

La ḥesed biblique, quelques définitions.


Je souhaiterais consacrer quelque espace au mot ḥesed, très présent dans les textes hébreux de  l'Ancien Testament, selon l'appellation chrétienne, du Tanakh, selon l'appellation juive, de la Tawrat, selon l'appellation musulmane. La version française des textes latins proposés ici, est le fait de l'auteur de ce blog.


A) Moïse Maïmonide, Le guide des égarés, tome 3, O. Zeller, Osnabrück, 1856-1866, p. 454-455.

(…) il [ḥesed] est plus souvent employé pour exprimer un excès de libéralité. On sait qu'être libéral se dit dans deux sens, c'est :

1° faire le bien à celui à qui on ne doit absolument rien ;

2° faire le bien à celui qui l'a mérité, au delà de ce qu'il a mérité.

Les livres prophétiques emploient le plus souvent le mot ḥesed dans le sens de « faire le bien à celui à qui on ne doit absolument rien » ; c'est pourquoi tout bienfait qui vient de Dieu est appelé ḥesed, comme il est dit : Je rappelle les bienfaits (חסדי) de l'Éternel (Isaïe, 63, 7). C'est pourquoi aussi tout cet univers, je veux dire sa production par Dieu, est appelée ḥesed, comme il est dit : C'est par la bonté divine (חסד) que l'univers a été construit (Ps. 89, 3), ce qui veut dire la construction de l'univers est un bienfait. Dieu dit encore en énumérant ses attributs ורך חסד, plein de bienveillance (Exode, 34, 6). 

Quant au mot tsedaqa, il est dérivé de tsèdèq (צדק) qui désigne l'équité. L'équité consiste à faire droit à quiconque peut invoquer un droit et à donner à tout être quelconque selon son mérite. Cependant, dans les livres prophétiques, on n'appelle pas tsedaqa, conformément au premier sens, l'acquittement des dettes qui t'incombent à l'égard d'un autre; car si tu payes au mercenaire son salaire, ou si tu payes ta dette, cela ne s'appelle pas tsedaqa. Mais ce qu'on y appelle tsedaqa, c'est l'accomplissement des devoirs qui t'incombent à l'égard d'un autre au point de vue d'une bonne morale, comme, par exemple, de soulager celui qui souffre d'un mal quelconque.


B) Lucas Brugensis, « in Evangelium Secundum Lucam Commentaria », in J. - P. MIGNE, Scripturæ Sacræ Cursus Completus, tome 22, Montrouge, 1842, col. 340

VERS. 50. — Et, prout, misericordia, beneficentia, bonitas hæc enim omnia significat Hebræum hesed, quod Septuag. verterunt, έλεος [eleos], misericordia.

[VERS. 50. — Et, dans la mesure où, en effet, « miséricorde », « bienfaisance », « bonté », tous ces [mots] donnent le sens de l’hébreu hesed, que les Septante ont traduit έλεος [eleos], « miséricorde ».]


C) « In Psalmos Commentarium », in J. - P. MIGNE, Scripturæ Sacræ Cursus Completus, tome 16, Montrouge, 1841, col. 547.

Misericordia, beneficentia, pietas, hesed propriè.

[Miséricorde, bienfaisance, piété [sens latin : devoirs que l'on doit rendre aux dieux, aux parents, à la patrie], hesed, en termes propres.]

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