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lundi 6 février 2012

La prière, selon Proclus, Ve siècle ap. J.-C.

La prière n'est pas une invocation aux dieux pour en obtenir des faveurs; elle est pure de toute espérance ; c'est l'élan de l'âme vertueuse vers le divin, source de toute perfection. Ce qui procède des dieux, tout en s'en distinguant, n'en est pas tout à fait séparé. En vertu de l'affinité qui l'unit encore à son principe, il tend à y revenir, et l'acte d'amour et d'intelligence qui le porte vers un Dieu est la prière. L'essence de la prière , c'est une conversion de l'âme vers la divinité ; son effet immédiat, une plus grande vertu ; son terme suprême, l'absorption en Dieu. Les hommes se trompent étrangement ; ils s'imaginent que Dieu se retire d'eux ou qu'il s'en rapproche , et que la force de la prière est de l'attirer et de le faire descendre à eux. Dieu est toujours et partout présent; il est intime à nos âmes, ou plutôt nos âmes sont en lui. Lorsque nous croyons qu'il se rapproche de nous, c'est nous qui par la vertu, l'amour et la prière nous rapprochons de lui , en nous unissant plus intimement à sa pure essence par la partie de notre être, qui lui ressemble. Dieu ne descend pas vers l'âme : c'est l'âme qui se relève jusqu'à lui. Nous ne croyons pas qu'il ait jamais été rien écrit de plus exact et de plus profond sur la prière (*).

(*) Commentaire du Timée, 64, 65, 66; Commentaire du Parménide, IV, 68.

Référence.

J. Denis, Histoires des théories et des idées morales dans l’Antiquité, tome 2, Auguste Durand, Paris, 1856, p.404.

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