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samedi 29 septembre 2012

Le cri et les pleurs de l'enfant, 1892


Laisser crier l'enfant... Tel est le conseil donné en 1892, dans le même ouvrage qui conseillait vivement l'allaitement maternel (cf. le message précédent). Ce genre de conseils, les parents actuels le reçoivent encore de leur entourage : c'est bon pour les poumons ! L'auteur du texte qui suit assure que le cri est un besoin de l'enfant. Il souligne surtout l'idée qui prévaut encore de nos jours, à savoir que l'enfant est un dictateur en puissance et qu'il faut vite lui imposer le pouvoir des adultes. L'idée que l'enfant ressent le besoin naturel de sentir le corps et la chaleur de sa mère (ou de son parent), que l'attachement et l'affection constituent des besoins tout aussi fondamentaux que la nourriture ou le sommeil n'était pas encore venue à l'idée des spécialistes de la fin du XIXe siècle...

 
Lorsque l'enfant commence à être fort, il ne faut pas se croire obligé de lui donner le sein toutes les fois qu'il crie, surtout quand ses repas auront été réglés, ce qu'il faut absolument faire. L'enfant crie souvent pour le plaisir — ou plutôt pour le besoin — de crier. Il remue pour développer ses muscles, il crie pour développer ses poumons : la croissance l'exige. Il faut le laisser crier. La mère qui n'a pas le courage de laisser crier son enfant, la mère qui, dès le premier cri, a habitué son enfant à être pris dans les bras et caressé, s'est faite l'esclave de Monsieur Bébé qui est un autocrate de premier ordre, et qui va se charger de la faire marcher tambour battant.

L'enfant prend — avec une facilité incroyable — les habitudes qu'on lui donne. Il faut donc, dès le premier jour (nous ne saurions jamais assez le recommander) ne pas accourir à ses pleurs, à moins qu'il ne soit malade, et alors il ne crie pas beaucoup. Lorsqu'on est sûr que rien ne le blesse et qu'il n'est pas mouillé, il faut le laisser pleurer : il se taira bientôt, s'endormira, et ne prendra pas l'habitude d'attirer sa mère, par ses cris, près de son berceau, à chaque minute. 

Référence
 
Le livre de la famille : les personnes et les choses, savoir-vivre et savoir-faire, morale, éducation, économie domestique, hygiène, soins aux enfants, etc., Seguin frères, Avignon, 1892, p. 141-142.
 

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