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lundi 25 juin 2012

Être prêtre et homosexuel, c'est possible ! Pierre du Moulin, 1527


Martin de Azpilcueta, dit Navarrus

On appelle irrégularité en l'Église Romaine l'inhabilité à recevoir les ordres, ou à les exercer après les avoir reçus. Par les Lois de l'Église Romaine, un homme devient irrégulier pour ne boire point de vin, pour avoir perdu un des doigts qui servent à manier l'hostie, et à faire le signe de la croix. Pour avoir tué quelqu'un, ou lui avoir coupé quelque membre du corps. Plusieurs estiment que le châtré n'est point irrégulier, pourvu qu'il porte sur soi les parties qui lui défaillent réduites en poudre (1). Item, un prêtre tombe en irrégularité et devient inhabile à sa charge s'il se marie, mais non pas s'il a des concubines. Il ne devient point irrégulier ni inhabile à la prêtrise pour être Sodomite. Car les Docteurs tiennent cela être compatible avec sa charge : comme enseigne bien au long Navarre (2) Docteur célèbre. Et sa raison est pource que quelque détestable que soit ce crime, si est-ce que l'hérésie conçue en l'esprit, et le désespoir sont crimes plus horribles : lesquels néanmoins n'apportent point d'irrégularité. Ce qu'il prouve par l'autorité de Thomas. Cela étant ainsi, comment saura celui qui reçoit l'absolution si le prêtre n'a pas quelque défaut en son corps, ou s'il n'a pas commis quelque crime qui le rendre irrégulier ? Car si cela est, l'absolution est nulle et sans effet.

Notes.

(1) Cardinal Tolet, Livre I, Instructio Sacerdotium, ch. 63. : « Non est opus cum cui virilia abscissa sunt, secum in pulnerem, redacta aut sicca portare, ut vulgares putant. »

(2) Martin Aspilcueta (1493-1586) (dit le Doctor Navarrus ou Navarrus, canoniste catholique romain), Opera omnia canonica, tome 2, au chapitre Ad inferendam, 23, question 3, De Defensione proximi, §. 37. Édition de Cologne, 1615, p. 255. « Dubitarunt an voluerimus etiam nefandum crimen sodomiæ comprehendere. Sequitur respondendum esse non comprehendi. Primo, quia sicut dictum est supra, irregularitas nisi ob casus à iure expressos non incurritur, ex quorum numero hic non est. Secundo, quia illa verba sunt Innocentii. Tertio quia parum refert illud graviter crimen esse grauissimum, spurcissimum et maxime detestabile, cum maius sit hæresis mentalis (…). Facit etiam quod nos intelleximus, in Italia, ubi, ut fertur, plus hoc malo laboratur quàm oporteret, nullæ de eo dispensationes quæruntur. » ; tome 2, chap. 2, question 2, article 3 et maius desperatio, etc.

[« Ils tergiversent [pour savoir] si nous voulons également [y] inclure le crime abominable de sodomie. Par suite, il faut répondre qu'il n'est pas inclus. Premièrement, selon ce qui a été dit ci-dessus, l'irrégularité n'est pas encourue, hormis les cas spécifiés par le droit, au nombre desquels la sodomie n'est pas. Deuxièmement, parce que ces mots sont ceux d'Innocent. Troisièmement, parce qu'il importe peu que ce crime soit, au plus haut point, grave, immonde et détestable, étant donné que l'hérésie mentale est [un crime] plus grand [encore] (…). Il se fait également que nous avons pris connaissance du fait, qu'en Italie, qui est plus travaillée par ce mal qu'il ne faudrait, aucune dispense n'est demandée pour cela. »

Référence.

Pierre du Moulin, pasteur, Nouveauté du papisme opposé à l'ancienneté du vrai christianisme, Jean Jannon, Sedan, 1527, p. 728. Orthographe modernisée par l'auteur de ce blog.

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