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dimanche 12 mars 2017

Contre les modes et les danses inconvenantes, Mgr Amette, 1919


Léon-Adolphe Cardinal Amette (1850-1920)
À plusieurs reprises Nous avons rappelé aux femmes et aux jeunes filles chrétiennes le devoir qui s'impose à elles de s'abstenir des modes indécentes et des danses inconvenantes.

Nous avons le regret d'être obligé de renouveler Nos avertissements et Nos défenses sur ce double objet.

Le Souverain Pontife Nous en donne l'exemple.

S'adressant récemment aux femmes catholiques d'Italie, Sa Sainteté Benoît XV insistait avec énergie sur l'obligation qu'a la femme chrétienne « de prouver son honnêteté par la façon de se vêtir ». « Nées de la corruption de ceux qui les lancent, disait-il, les « toilettes inconvenantes sont une funeste provocation au mal. »

Et il réprouvait « cet excès qui consiste à porter une mise indécente jusque dans le lieu saint ».

Nous faisons Nôtres ces paroles du Saint Père et Nous conjurons Nos diocésaines de réagir contre les modes opposées à la décence chrétienne. Ces modes s'étendent jusqu'aux enfants : les mères doivent veiller à ce que leurs filles soient habillées de manière à respecter toutes les délicatesses de la pudeur.

Il est un autre abus que les personnes chrétiennes ont le devoir de combattre : ce sont les danses inconvenantes, de nom et d'origine exotiques. Les femmes et les jeunes filles chrétiennes ne peuvent en conscience y prendre part.

Plusieurs, pour s'excuser, allèguent qu'elles peuvent le faire sans commettre aucun mal ; il n'en reste pas moins que ces danses sont un danger, aggravé encore par l'immodestie des toilettes, et une occasion de scandale.

On dit encore qu'on ne saurait s'en abstenir sans renoncer à aller dans le monde : il appartient aux femmes chrétiennes de bannir ces abus de la bonne société.

Les jeunes gens chrétiens les y aideront en s'interdisant à eux-mêmes ces sortes de danses, dont ils sont les premiers à reconnaître l'inconvenance.

Dans le discours que Nous avons cité, le Souverain Pontife exhorte les catholiques italiennes à « former entre elles une Ligue pour combattre les modes indécentes chez toutes les perte sonnes ou familles sur lesquelles leur influence peut s'exercer efficacement ».

Une ligue de ce genre a été fondée à Paris au printemps dernier. Nous la bénissons et Nous souhaitons vivement qu'elle se propage et comprenne dans son action la lutte contre les danses prohibées.

Il serait déplorable de vouloir allier des mises et dés divertissements que la modestie condamne avec des pratiques religieuses et même avec la communion fréquente.

Quand on fait profession d'être chrétienne, il faut l'être non seulement dans son for intérieur, mais aussi dans sa tenue extérieure et dans sa conduite tout entière. C'est ce que voudront faire, Nous en avons la confiance, les mères et les jeunes filles de Notre diocèse, dont Nous connaissons l'esprit de foi et la piété.

Cet avertissement sera lu en chaire le premier dimanche de l'Avent.

          Paris, le 24 novembre 1919.   
 + LÉON-ADOLPHE Cardinal AMETTE,
Archevêque de Paris. 
 
Référence  
Bulletin paroissial de Saint-Sulpice, 15e année, n°3, 25 décembre 1919, p. 38-39.

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